Actualités - Chemin de fer des 3 frontières : Raeren - Montzen - Hombourg

Mis à jour le 2 juillet 2018
Mise à jour du 2 juillet 2018 - 2ème partie
Jugement sur la propriété des biens le 4 juillet 2018

par Jacques Crul, Secrétaire

Suite à la démolition de matériel et voies entreprise par la SNCB depuis le 18 juin dernier, qui a fait l’objet d’un article précédent, l’asbl CF3F a introduit un recours en référé pour faire cesser les travaux et faire valoir ses droits à la propriété du matériel qui a fait l’objet de destructions.

Le juge a pris une ordonnance de cessation des travaux le mercredi 20 juin, à laquelle la SNCB s’est finalement pliée après avoir poursuivi malgré tout les démolitions le jeudi 21 juin au matin. Les parties sont allées devant le juge des référés le 22 juin, où il a été convenu que les avocats de la SNCB avaient jusqu’au 27 juin pour déposer leurs conclusions, que le CF3F avait jusqu’au 30 juin pour répliquer et que tous se retrouveraient au tribunal pour jugement le mercredi 4 juillet prochain. Selon le sens que prendra la décision du juge, le CF3F décidera de la poursuite ou non de ses activités

N.B. : notre asbl avait interrogé le service presse de la SNCB pour avoir leur position par rapport à ce dossier. Il nous avait répondu par un cpurriel laconique renvoyant à un communiqué de presse adressé à l’agence Belga et qui n’était même pas joint au mail.

Mon sentiment personnel après avoir discuté avec plusieurs intervenants proches du dossier, est que cette affaire « pue » et qu’elle pourrait révéler l’existence de pratiques peu claires par rapport au ferraillage du matériel ferroviaire, ce qui expliquerait toute la virulence de cette attitude incompréhensible de la part d’un service public !


Mise à jour du 2 juillet 2018 - 1ère partie
Chemin de Fer touristique des 3 Frontières

par Jacques Crul, Secrétaire

Un vrai projet patrimonial, touristique et d’économie sociale a été présenté au public et à la presse à la brasserie Graind’Orge à Hombourg par l’asbl Chemin de Fer des Trois Frontières (CF3F) le mardi 26 juin dernier.

Les participants ont été accueillis par Louis MARAITE, ancien porte-parole de la SNCB, aujourd’hui administrateur de l’asbl et ardent défenseur du projet qui s’élabore. Il a tout d’abord fait le point sur la situation judiciaire (voir article ci-dessus) et sur l’origine du litige qui porte sur la propriété des biens.

Simon DESCHAMPS, un jeune passionné par le patrimoine ferroviaire, a ensuite présenté l’asbl et son projet en indiquant tout d’abord que celle-ci était propriétaire de matériel restauré, et pas uniquement ce qui est stocké à Hombourg en attente de rénovation.

Elle entretient en outre divers partenariats, notamment avec les Amis du Rail de Halanzy, Ardenne Gaume Rail et le TMHM (Train miniature de la Haute-Meuse), et d’autres associations hors frontières, le tout lui permettant de disposer de suffisamment de matériel prêt à rouler pour pouvoir démarrer son projet ferroviaire. L’asbl ne s’occupe pas que du rail, elle a six sections et gère notamment un bus Renault permettant de relier les musées régionaux, elle s’occupe de reconstitutions militaires et de la mémoire des cyclistes frontières, de publications, etc..

Le projet ferroviaire consiste à relier la gare de Hombourg à celle de Montzen, par la ligne 38, en présentant d’un côté la vie avant-guerre et de l’autre la vie après-guerre. Le trajet fait environ 3,5 km.

La gare de Hombourg.

L’asbl compte pour ce faire sur les quelque 150 membres bénévoles qui constituent l’association. Louis MARAITE a ensuite insisté sur le sens qu’aurait la création d’une activité liée au patrimoine ferroviaire de Liège, indiquant qu’il n’y a plus de musée à Kinkempois et que le musée de Visé est en grandes difficultés, alors que Liège fut le berceau du chemin de fer dans le monde !

Le tunnel de la Laschet (aujourd'hui devenu "tranchée").

Réaliser cette activité à Hombourg/Montzen permettrait de mettre plusieurs éléments de patrimoine en valeur : la gare de Hombourg, qui date de 1895, le « tunnel » de la Lachet (devenu une tranchée) dont la destruction fut le premier obstacle mis par l’armée belge sur la route de l’armée allemande en 1914, l’atelier de Montzen (1975) que l’asbl souhaiterait pouvoir louer, la tour d’aiguillage de Montzen fermée en 2017, pour laquelle un permis de démolition est sollicité par la SNCB,  et surtout le pont tournant, cher au réalisateur régional Bouli LANNERS, qui fait l’objet d’une inscription provisoire sur la liste de sauvegarde du patrimoine, mais qui est aujourd’hui propriété de l’asbl PFT (Patrimoine Ferroviaire et Tourisme) qui gère le patrimoine ferroviaire préservé à St-Ghislain et le train touristique de la Vallée du Bocq.

Monsieur Pierre HERBIET, ancien cheminot, fondateur de la SPRL PAQUOT, explique alors la valeur de cet équipement.

Le pont tournant de Montzen.
Il s’agit d’une pièce de fabrication et de conception allemande, implantée dans l’urgence en 1944 par l’armée allemande en remplacement d’un autre pont tournant datant de 1917, détruit par les bombardements. On ne retrouve aucun document technique concernant sa construction, qui est plus légère que les autres ponts tournants existant encore en Belgique aujourd’hui à Leuven, à Gouvy (menacé), à Rebecq (voie étroite) ou qui ont existé à Sourbrodt (disparu) et à Stockem (transféré à Appeldoorn aux Pays-Bas). Sa préservation n’a pour lui de véritable sens qu’in situ.

 

Financement

Le coût total du projet CF3F est estimé à ± 1,1 million d’euros, dont 533.000 € pour la réimplantation de la voie.
Un problème se pose au niveau de l’ancien tunnel du Lachet, dont la réutilisation comme voie ferrée entre en conflit avec le prolongement du Ravel ligne 38 programmé entre Hombourg et Plombières. 
L’asbl propose toutefois trois solutions de « cohabitation » entre les deux projets, dont celle d’un « passage à niveau long », qui serait de loin le plus raisonnable en termes de coût et de simplicité de mise en œuvre.
Le projet est soutenu par l’ADL (Association de Développement local) Lontzen/Plombières/Welkenraedt, qui y voit une belle opportunité de développement touristique.
Et il mérite à mon sens tout le soutien des défenseurs du patrimoine, pour autant bien entendu que la justice tranche en faveur de l’asbl sur le problème de la propriété du matériel.
 


Mise à jour du 28 juin 2018 

Reportage de Vedia-TéléVesdre sur le projet du CF3F.


Mise à jour du 21 juin 2018
Communiqué de presse

L’asbl PIWB est très inquiète de ce qui se passe pour l’instant avec le matériel stocké à la gare de Hombourg.

Sans se prononcer sur la légalité de la chose, PIWB est choqué par la manière dont cette opération se déroule dans un pays qu’on ose encore espérer démocratique. PIWB constate d’une part qu’une action serait toujours en cours concernant la propriété des biens et d’autre part qu’un projet citoyen crédible se met en place pour les valoriser de façon intéressante tant sur le plan patrimonial que sur le plan social.

La plateforme tournante de Montzen qui fait partie de ce projet, fait en outre l’objet d’une inscription provisoire sur la liste de sauvegarde du patrimoine wallon. Le but de cette inscription provisoire est de donner l’occasion aux personnes concernées d’analyser sereinement la pertinence du projet de sauvegarde.

Comment faire cela sereinement si un des acteurs, service public (et donc au public) de surcroît,  se comporte en véritable cow-boy ?

Nous sommes d’autant plus choqués que, selon les informations que nous venons de recevoir et malgré une décision prise en référé pris par le Tribunal ce mercredi soir, la SNCB a continué ce matin son travail de démolition. Le préjudice s’élèverait déjà à 1 million d’euros selon l’asbl CF3F.

Sommes-nous bien en Belgique ?
 
A noter que le service presse de la SNCB, que nous avons interrogé, ne répond pas à notre demande d’informations sur leur position par rapport à cette affaire. 


 

Mise à jour du 30 janvier 2018 - Des nouvelles du PFT

L'association Patrimoine ferroviaire et tourisme (PFT) a acquis la plaque tournante de Montzen (info : En lignes -N°143(févr. 2018)). La vente a cependant été suspendue en raison de l'inscription du bien sur la liste de sauvegarde.


 

Mise à jour du 30 janvier 2018 - Du neuf au sujet de la plaque tournante

Un reportage TéléVesdre.


 

Mise à jour du 8 janvier 2018 - Le pont tournant de Montzen en sursis !

Le pont tournant de Montzen a été inscrit sur la liste de sauvegarde du patrimoine wallon, une décision qui laisse un an aux défenseurs de ce patrimoine ferroviaire pour établir un projet de valorisation patrimoniale.

Le reportage de la RTBF

L'interview du Président de l'asbl Chemin de fer des 3 frontières sur BelRTL

Les articles de LaMeuse et L'Avenir


Gare de Raeren - Infrabel se débarrasse de matériel classé !

Un épisode de plus dans une dramatique saga au pays des trois frontières.

Le Journal La Meuse nous informe de la destruction par INFRABEL de matériel classé en gare de Raeren :
http://www.lameuse.be/1664315/article/2016-09-07/gare-de-raeren-infrabel-fait-detruire-du-materiel-classe-mais-mis-sous-protectio 

DERNIERE MINUTE : L'asbl Chemin de fer des trois frontières vient de publier sur son compte Facebook la nouvelle de l'intervention de la Ministre germanophone de la Culture Isabelle Weykmans auprès d'INFRABEL exigeant la restitution et le replacement des éléments disparus.