Actualités - Sauvons le puits 25 à Couillet !

Publié le 16 septembre 2019

Notre asbl a appris par voie de presse le projet de démolition, dans le cadre d’un réaménagement du site, des deux chevalements métalliques du Pèchon, siège d’extraction n° 25 des Charbonnages de Monceau-Fontaine, situé rue de Marcinelle à Couillet.


Nous prenons dès lors la liberté de monter au créneau pour défendre ce bien architectural, dûment repris à l’Inventaire du Patrimoine monumental, en demandant au Service public de Wallonie de reconsidérer l’objet de cette requête. En effet, ces deux châssis à molettes sont particulièrement symboliques pour l’histoire de la Wallonie et ce, pour diverses raisons explicitées ci-dessous : 
•    Structures métalliques remarquables par leur hauteur et leur technique de construction avec poutres contreventées ;
•    Lieu de plusieurs accidents importants : le 17 juin 1952, un coup de grisou fait 10 victimes / le7 novembre 1972, il est le théâtre du dernier accident collectif important dans une mine wallonne. Un coup de poussier fait 6 victimes (2 Turcs, 2 Espagnols, 1 Italien, 1 Belge) ;
•    Fin des années 1970, le quartier fit l’objet d’un ambitieux projet de rénovation urbaine liant le social à la culture et à l’archéologie industrielle naissante, démontrant au passage toute la valeur de ces deux châssis à molettes intégrés à leur environnement ;
•    Signal dans le paysage d’un quartier très hiérarchisé dans son architecture reflétant le fonctionnement social de la mine : hôtellerie, maisons de coron, maisons de maître pour les cadres, villas d’ingénieurs…
•    Symbole à l’entrée Est de la ville de Charleroi de l’industrie minière, faisant le pendant au Haut fourneau N°4 de Marcinelle, à la porte Ouest, autre symbole industriel.

Il faut également préciser que ces chevalements se situent dans un quartier où vivent d'importantes communautés issues de l'immigration "minière". Pour elles, ces châssis à molettes représentent un des rares liens qui les unissent encore à leur passé, à leur histoire.
Devons-nous aussi rappeler la disparition de pratiquement la totalité de ces constructions rappelant la passé glorieux de notre région dans le ciel de la Wallonie ? Nous apportons notre voix, qui nous l’espérons sera entendue, à celles des défenseurs de ce patrimoine industriel et de sa restauration pour le rendre aux habitants. C’est une marque de respect et de fierté que nous devons aux travailleurs immigrés.

 

Jean-Louis DELAET, Président
Jacques CRUL, Secrétaire